Correspondance de Montréal

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Depuis un peu plus de deux ans je suis libraire en littérature jeunesse au Québec, au sein de la librairie Monet (Montréal), où nous nous considérons comme des libraires militants, engagés. Pour nous, les libraires sont un lien entre le livre et le lecteur, nous sommes des passeurs de culture.

Affirmer, et même revendiquer, son identité de libraire relève aujourd’hui du militantisme. Le métier est peu reconnu, peu rénumérateur, peu valorisé, la concurrence des grandes chaînes et de la vente en ligne nous mettent à mal, la relève est loin d’être assurée (une seule formation existe au Québec, à l’Université de Sherbrooke). Malgré cela, je crois en notre métier, en notre rôle. Passeur.

Passeur de culture, mais pas seulement. Passeur de bonheur, de surprise aussi. Surprise, oui. Les clients sont souvent surpris lorsqu’ils constatent que j’ai lu les livres dont je leur parle. Les « Vous les avez lus ? » étonnés sont fréquents.. Peut-être le sont-ils parce que je suis une adulte lisant des livres pour enfants…. pour certains sûrement, car les préjugés ont encore la part belle en littérature jeunesse, je ne m’étendrai pas sur le sujet ici, je vais vous épargner !

Mais bref, je suis heureuse, car ces gens viennent de découvrir ce qu’est, ce que doit et devrait être un libraire.

Le libraire lie les livres et les gens. Nous sommes des ponts vivants, certes pas inébranlables ! Le métier de libraire a une importance sociale, culturelle, mais il est pour moi avant tout fondamentalement humain. Lier les livres aux gens c’est leur faire entrevoir un monde de possibles infinis, c’est leur donner parfois accès à leur monde intérieur, c’est les lier avec eux-mêmes, avec les autres, avec nous.

La librairie est un lieu vivant, transcendant, parfois mystérieux pour certains. Porteuse de savoirs, d’échanges, mais aussi d’attentes, de bonheurs, elle est multiple, elle est humaine. Et cet aspect est notre plus grand atout.

ParAlice Liénard, librairie Monet, Montréal.

4 Responses to “Correspondance de Montréal”

  1. merci hélène pour cete retransmission de libairie dans la belle province… comme quoi, la passion a quelque chose à voir aussi avec le métier, là, dont on parle ici… (sur le site monet, le plan de Montréal, Laval, Saint Laurent, ça vous a un air singulier et voyageur… et du coup, les baleines, les dauphins, le soleil, au loin la mer saint pierre et miquelon moby dick et grégory peck et melville et jean-pierre et donc, delon, le samouraï, le petit canari dans sa cage, le trousseau de clés de DS… STOP…!)
    Un de ceux qui se trouvent de l’autre côté du comptoir mais qui n’aime pas que les livres… j’ai encouragé quand même la cousine libraire, faut y aller !!!

  2. Cher Piero,

    Je prends mon billet de suite…En reprenant les instructions du site :

    Et je choisis le Circuit 121 Est — Sauvé, du métro Côte-Vertu jusqu’à l’intersection de la rue Sauvé et du Boulevard de l’Acadie. Ensuite, prendre le circuit 179 Nord jusqu’à l’intersection du Boulevard de l’Acadie et de la rue Salaberry. Marcher 5 min. en direction Ouest sur la rue Salaberry jusqu’aux Galeries Normandie….

    Topographie sensible.

    Hélène

  3. Merci, merci Piero! Effectivement la passion y est pour beaucoup. Pour moi, pas de passion, pas de vie, pas de liens avec les autres.
    Merci pour tes encouragements. Par cette journée pluvieuse et venteuse en maudit, ton message ensoleille cette journée, bien étrange.. Victime d’une panne d`électricté, la librairie se sent joyeusement désoeuvrée..La demi-pénombre entraîne les rêveries.
    C’est beau aussi une librairie coupée du monde…mais pas trop longtemps!!!

  4. moi qui n’ai jamais traversé l’atlantique - et même pas la manche… - me voilà tout ragaillardi… et en même temps, je m’aperçois que la librairie monet est spécialisée dans les bandes dessinées - je salue ici mon prof d’image fixe francis lacassin (ça ne fait que trente ans… ;) - et le livre de jeunesse, et que je n’en lis guère, quelle erreur ? la petite Emma est pourtant abonnée à Spirou, comment se fait-il que je ne le regarde guère, cet hebdo ? Ah on n’a plus le temps de rien ma bonne dame… je sais bien que vous avez, toujours et tout comme moi, besoin d’encouragements, vous autres “passionnés” : la passion est-elle bonne conseillère ? et a-t-on besoin de conseil ? courage !

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