Création contemporaine

1. Des départs

Publié le 10/01/2010 par La Rédaction
Mots-clés : numérique |

NOTES DE VOYAGES AVEC LIVRE - 1.Des départs (3 extraits)


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Le voyage commence la veille au soir : je consulte et compare les prévisions Météo-France et Météo-Ciel à des fins d'adéquations vestimentaires. J'ai pourtant trop chaud à Limoges (à cause de la foule sous le chapiteau surchauffé) comme à Quimper (à cause de l'été indien), mais trop froid (à cause de l'altitude sous-estimée) à Privas où j'achète un pull dans la boutique qui fait face à la librairie sur le parvis de l'hôtel de ville.  À Manosque, trombes d'eau froide, mais forte de l'expérience de Privas, j'ai tout prévu, quand beaucoup d'auteurs rentreront des Correspondances porteurs de pulls neufs et de chaussettes dans leurs sandales. Mon éditeur s'appelle Le temps qu'il fait. 



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Quittant la maison, habillée du mieux que je peux en fonction des degrés Celsius et précipitations attendues, ou pas, apprêtée, harnachée sac bleu Eastpack contenant l'ordinateur sur le dos, et un autre, petit aussi, sur l'épaule, acheté exprès pour déplacements de deux jours, sur le seuil je me retourne vers ceux que je quitte, hommes et chat, en demandant si comme ça j'ai l'air d'un écrivain qui s'en va parler de son livre. Private joke, qui n'attend pas de réponse, mais un jour C. rétorque que pas le moins du monde « comme ça t'as l'air d'une étudiante ». Je lève le pied toute légère.



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Peurs récurrentes : oublier mon billet - mes billets suivent un circuit de lieux de rangements successifs qui les rapproche de mon sac selon un compte à rebours rigoureux - me tromper de gare de départ, oublier de partir. Autant de craintes conjurées par un certain nombre de vérifications efficaces (et cinq agendas dont quatre se synchronisent seuls) puisqu'il m'arrive seulement ce samedi où je vais à Caen d'oublier ma carte escapade. Un acte manqué qui, s'en prenant à cette destination chargée d'histoire familiale me préoccupe. À Saint-Lazare je rachète en catastrophe un billet plein tarif à un distributeur juste avant le départ du train. Complications qui s'ensuivent pour le remboursement de mes billets ; huit euros de ma poche que je ne réclame à personne. J'assume. La deuxième année je ne renouvelle pas ma carte escapade, c'est plus simple.


Martine Sonnet, en résidence sur mélico